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Hotel Dusk : Room 215

Hotel Dusk : Room 215

L’âge d’or des point and click sur PC est révolu depuis bien longtemps. Même si des perles telles que Runaway 2 apparaissent de temps en temps, le constat est malheureusement éloquent : le style disparaît au fil des années. Difficilement transposable sur console, il ne pouvait vivre qu’à travers les ludothèques PC. Toutefois, c’était sans compter sur notre bonne vieille DS qui permet, à l’aide de l’écran tactile et du stylet une maniabilité pouvant s’apparenter au combo clavier souris. Pourquoi parler de ce genre de softs alors qu’Hotel Dusk n’est pas un point and click ? Tout simplement car il m’y fait penser.


Tout dans ce titre nous rappelle nos premières heures de vol sur Les Chevaliers de Baphomet ou Gabriel Knight. Ces vieux titres d’enquête dans lesquels nous incarnions un individu chargé d’enquêter sur d’étranges événements. Le souci du détail effarait : les énigmes étaient minutieusement pensées, à la fois logiques et tirées par les cheveux, cheveux que l’on s’arrachait d’ailleurs, pour espérer progresser. Nintendo, par l’intermédiaire du studio CING, a apporté le jeu d’aventure/réflexion sur DS : Another Code. Ils vont renouveler l’expérience le 22 janvier prochain grâce à Hotel Dusk room 215.

Nous incarnerons Kyle Hyde, un détective, un peu blasé de la vie, qui va pourtant devoir élucider les nombreux mystères que renferme l’hôtel Dusk. Peu ragoûtante, assez peu habitée, la bâtisse est au centre de toutes les discussions : une pièce cachée serait en mesure d’exaucer les souhaits de tout un chacun. Evidemment, Kyle se doit de savoir si cela est véritable… ou non.
En tout cas, notre héros n’est pas à sa première enquête étrange et il a déjà derrière lui un panel d’affaires résolues du même acabit. Petite précision avant de continuer : l’histoire prend place au cours du dernier vendredi de l’année 1979, aux Etats-Unis.


Même si l’on peut redouter une certaine monotonie dans les lieux visités, l’hôtel promet d’être très vaste. Le nombre de pièces et de dépendances devrait nous occuper pendant plusieurs heures. Espérons d’ailleurs que la durée de vie excédera celle d’Another Code, qui plafonnait à quatre heures.

Néanmoins, arrêtons de comparer Hotel Dusk à ce soi-disant père spirituel car ils n’ont finalement pas grand chose en commun. La dernière production de CING se veut réellement originale et novatrice. Différents procédés sont là pour favoriser une immersion que l’on ne pensait pas possible sur une console portable.

L’emploi de la vue subjective est le premier élément pour lequel les développeurs ont voté. Le joueur pourra s’identifier au héros plus facilement. De plus, il n’est pas toujours aisé de voir les objets à ramasser sur des décors en 2D lorsqu’il faut cliquer partout. Ici, nous naviguerons dans les décors comme si l’on y était. Les environnements seront donc nécessairement en 3D. Une 3D de très bonne facture si l’on en juge les multiples trailers et images disponibles sur le net et sur cette page. Les gars de CING signent là une des plus belles réalisations de la Nintendo DS en la matière.


Les personnages en revanche seront dans un style complètement différents : en crayonné. Ce sera de la 2D mais le contour des protagonistes sera incertain : nous distinguons tous les coups de crayon comme dans une BD. C’est d’ailleurs bien à cette impression que l’équipe voulait aboutir. Les teintes dominantes seront le noir, le marron et le gris. Le gris sera essentiellement présent sur les personnages (rappelant le crayon de papier). Le noir sera là, bien évidemment, pour le mystère et l’inconnu : quant au marron, ce sera la couleur utilisée majoritairement pour les meubles et les environnements. Il faut se souvenir que l’hôtel se veut rustique et donc le bois reste l’élément le plus employé pour les décors.
Réussir à marier le film noir et le style de la bande dessinée, en voilà un défi qui est en passe d’être réussi.

D’ailleurs, la DS se tiendra comme un livre, à l’instar du Programme d’Entraînement Cérébral du professeur Kawashima ou de certains jeux de Rub Rabbits. Même si un seul des écrans est tactile, ne croyez pas que leur utilisation sera tout le temps similaire.
En effet, lors de la visite de l’hôtel, vous pourrez vous dirigez grâce au stylet pendant que vous vivrez l’aventure sur l’autre écran. La navigation se fera sur la carte des lieux. Cependant, quand il s’agira de fouiller un objet ou une pièce en particulier vous pourrez passer la vue subjective à droite et donc toucher les objets que vous verrez.
L’exemple donné dans le trailer concerne la sonnette de l’accueil. Un détail mais sachez que le jeu en sera rempli.

La collecte d’indices se fera donc via le tactile. De même, il sera possible de sortir son calepin pour y noter divers renseignements. Lorsque vous désirerez montrer un signe quelconque à l’un de vos interlocuteurs, il suffira de le dessiner sur votre carnet. Pratique. Les utilisations du stylet s’annoncent donc variées et tout à fait en adéquation avec l’univers policier du titre.


Parce qu'il ne faudra occulter le but premier : découvrir la fameuse pièce qui fait office de génie. A noter que le jeu lui vaut son titre japonais : Wish Room (la chambre des vœux). Enquêter implique nécessairement la recherche et collecte d’indices mais aussi et surtout de dialoguer avec tous les résidants de l’hôtel. Durant les conversations, plusieurs choix de réponses seront par moment possibles dans le but d’aiguiller l’interlocuteur vers un sujet plutôt qu’un autre. Nous pourrions presque prendre Hotel Dusk pour un simulacre de Phoenix Wright sur ce point. Je dis bien presque car l’angle de manœuvre reste tout de même restreint. Toutefois, ne nous plaignons pas, il est à rajouter aux nombreuses possibilités d’investigation suggérées plus haut.

Un univers noir et mystérieux, des personnages assez peu loquaces, des énigmes à tout va et de nombreux objets à examiner. Hotel Dusk semble bien parti pour ressusciter le genre comme il se doit sur la portable de Nintendo. Toutefois, pour que la fête soit plus folle, à défaut d’utiliser champomy, l’équipe a composé une bande son parfaitement en accord avec cette ambiance à la fois pesante et si classique. Un hôtel, un peu paumé au nord du Nevada, n’est pas ce que l’on peut appeler un endroit hors du commun. Pourtant, l’atmosphère du lieu, appuyée par ces musiques si appropriées promet d’assurer la mise en scène et de conforter le joueur dans son rôle de fin enquêteur.


Découpé en chapitres, le jeu devrait se comporter comme un bon polar. Il faut espérer que la durée de vie soit plus longue qu’un épisode de Columbo mais sur ce point, il faudra faire confiance à CING d’ici à ce que la bête se retrouve entre nos mains. Cet événement ne pourra subvenir avant le 22 janvier prochain, je le rappelle, lors de sa sortie américaine. Les japonais découvriront le jeu trois jours plus tard. Malheureusement pour nous autres pauvres français, nous ne disposons pas de date précise mais nous pouvons compter sur une sortie dans le trimestre.

Verdict : Futur Hit
Par samedi 13 janvier 2007 à 13h32
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